Qui êtes-vous ?
samedi 24 avril 2010
Je trace ma route
J’éteins des yeux les réverbères
Soudain, mon regard se vide
Elle exagère, je digère
Je m’en vais seul dans le RER
Tout ceci m’indiffère
Elle m’a planté là, mais je gère
Je n’vais pas devenir vieux avant d’avoir des rides
La vie est bien trop courte
Je n’en perdrai pas une goutte
Alors, je trace ma route
Avant que mon corps se voûte
J’ère dans mon appartement
J’ai mis mon cœur en jachère
Soudain, mon esprit se distend
J’ai besoin d’elle, besoin d’air
J’m’enquille un, puis deux, puis trois verres
Puis, tout ceci m’indiffère
Je jette au feu ses affaires
Je n’vais pas devenir vieux à vingt ans,
Pas devenir vieux maintenant
La vie est bien trop courte
Je n’en perdrai pas une goutte
La vie est bien trop courte
Alors, je trace ma route
La vie est bien trop courte
Avant que mon corps se voûte
Un nouveau texte que j'ai écrit pour my little brother Gael:)bientôt, en chanson...^^
mercredi 21 octobre 2009
Journal d'une femme gravide remplie de bonheur...(extrait 2)

9 mars 2007,
J’essaie de me forcer à sortir pour aller au Supermarché, à la boulangerie, ou à la poste...Tous, se trouvant dans une périphérie de 100 mètres environ. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais faire le 100 mètres nage libre (vu la suée que tu te prends) au neuvième mois de gestation, c’est assez balaise ! Tout dépend pour quelles femelles vivipares bien sûr !
Pour moi qui n’ai eu ni activité professionnelle, ni activité sportive régulière pendant ma grossesse, c’est aussi difficile que de devoir gravir l’Annapurna ! (Surtout qu’on habite au 5ème sans ascenseur !)
Après ma petite sortie (que je ne fais pas tous les jours ; je sais, ce n’est pas bien !), je suis K.O et je reste scotchée sur le canapé pendant une heure avant de pouvoir faire à nouveau quoi que ce soit.
Je comate aussi un long moment après chaque repas, vu que je digère très mal. Mon corps et mon cerveau fonctionnent au ralenti.
Je suis une marmotte, une larve, un éléphant de mer…
Donc voilà, je ne fous pas grand-chose. Mais à vrai dire, ce n’est pas bien grave ! Je vis chaque instant comme il vient.
Je câline mon bébé, et il me le rend bien avec ses petits pieds et ses petites mains…
Un rayon de soleil vient traverser les carreaux de la fenêtre. Il réchauffe mon visage, mon ventre, et nos deux cœurs…
C’est le bonheur.
mercredi 7 octobre 2009
Crazy for life
Sois l’acteur de ton histoire
Ris, jouis, réjouis-toi d’ce putain d’jour qui t’est offert
Oui, tu peux dire merci à ta mère
Alors réveille toi, puise dans ton réservoir
Et danse, danse, chante et danse
Même s’il se met à pleuvoir
I’m ready for love
I’ crazy for life
I’m happy my friend
I’m a lucky man
Fais le plein, crache ton venin
T’en lave pas les mains, préviens tes voisins
Si tu veux, tâte le terrain
Mais après, saute à pieds joints
Cours, vole vers ton destin qui n’en est pas un
Change le cours des lignes de ta main
Ouvre les portes des clés que tu détiens
I’m ready for love
I’m crazy for life
I’m happy my friend
I’m a lucky man
Arrête de mater les conifères se faire buter sans rien y faire, mon frère
Ne prends pas cet air abattu, tout n’est pas foutu
Alors bouge ton cul
Et danse, danse, chante et danse
Même si l’orage gronde
Et que la pluie t’inonde
I’m ready for love
I’m crazy for life
I’m happy my friend
I’m a lucky man
Tire les ficelles, maintiens la barre
Gratte le ciel, arrête ton char
Garde le cap, n’attends pas que la mort te rattrape
Ta bouche n’est pas faite pour les foutaises que tu débites
Deviens le beat box, le big boss, la bosse des maths
Joue-la : échec et mat
Tu n’referas pas le monde, mais ce que tu feras, tu le feras bien, et en refrain
I’m ready for love
I’m crazy for life
I’m happy my friend
I’m a lucky man
Un texte que j'ai écrit pour mon frère qui se lance dans la chanson... http://www.myspace.com/gayelmusic/
jeudi 24 septembre 2009
Blanche neige
J'ai pris ma pelle, j'ai pris ma pioche, j'ai même pris le marteau piqueur
J'ai tout tenté...
Pour atteindre son cœur, j'me suis foutu à poil, sa nature abyssale, j'ai voulu la sonder
Mais rien n'y fait!
Le corps de Blanche est bien trop étanche
En cette saison, tombent de gros flocons de neige blanche
Mais j'ai oublié qu'elle portait ce nom, Blanche
Je ne l'ai pas vu, toute nue, debout, dehors
Elle a fondu, elle s'est fondue dans le décor
Mais pourquoi les pores de la peau de son corps ont perdu leur étanchéité?
Blanche, la neige elle s'en balance, pourtant la neige l'a absorbé
J'ai voulu mettre du bleu dans les yeux blêmes de Blanche
Elle a fermé les paupières, fermé les volets, même fermé le verrou à clé
J'ai tout tenté...
Des pigments dans son lit, du pastel dans l'brownie, du bleu d'méthyle sur l'nombril, de l'aquarelle dans l'café
Mais rien n'y fait!
Le corps de Blanche est bien trop étanche
En cette saison, tombent de gros flocons de neige blanche
Mais j'ai oublié qu'elle portait ce nom, Blanche
Je ne l'ai pas vu, toute nue, debout, dehors
Elle a fondu, elle s'est fondue dans le décor
Mais pourquoi les pores de la peau de son corps ont perdu leur étanchéité?
Blanche, la neige elle s'en balance, pourtant la neige l'a absorbé
Elle a disparue! Même les nains dans le jardin n'ont rien vu!
mercredi 16 septembre 2009
Névrose Parisienne...
J'espère trouver l'inspiration avant d'expirer...
Il pleut.
De grosses gouttes tombent sur ma tête et dégoulinent sur mon visage. Mon mascara coule autour de mes yeux. Des rigoles se forment le long de mes joues poudrées. Le masque s'étiole...
J'ai envie de vomir. C'est sans doute ce sandwich trop gras, trop vieux, acheté au coin d'une rue.
Je rentre dans le métro. Je m'enfouis sous terre... oubliant ma condition humaine. Je deviens une ouvrière parmi les ouvriers, une guerrière parmi les guerriers.
Je suis une fourmis dans une fourmilière.
mardi 21 juillet 2009
Petite peau aime...:)
Mes doigts s'ankylosent / Ah ! Sans qu'il ose
Petit vent de prose
Je n'sais plus si j'ose...
Le ciel que j'arrose
De mes yeux fanés
Me rend bien la dose
De gouttes mouillées
Quand soudain j'explose
Je vais me noyer
Les paupières closent
Les poumons rouillés
Le temps s'est grisé
Mes doigts t'ont semé / Doit-on s'aimer?
Le vent m'a poussé
L'Amor m'a tué...
vendredi 8 mai 2009
METAPHYSIQUE DE L’INGENUE
Ingénue : du latin Ingenuus, proprement naturel ; par extension, légitime ; par une autre extension, digne d’un homme libre, franc ; de in, en, dans, et genuus, engendré : c'est-à-dire inné, naturel. (Cette définition pourra être placée dans le texte par une troisième personne. L’emplacement, l’ordre et le découpage devront être définis par le metteur en scène.)
M : Une ingénue est-elle jeune ?
Une ingénue est-elle blonde avec des bouclettes et un nez en trompette ?
Une ingénue est-elle naïve ?
Croit-elle au Père Noël, au Prince Charmant, à la petite souris, aux rêves bleus, à Pocahontas, à Monsieur Bruce Willis, aux yaourts qui font du « bien à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur », à la paix universelle pour 2025, à la fin de la faim dans le monde ?
Une ingénue l’est-elle du fait qu’elle soit née dans un chou à la crème ?
R : Je suis née un soir de mai dans une rose à peine éclose, entourée de pétales fanés.
J’ai tété le lait de la brique ; j’ai mangé des soupes instantanées pour grandir plus vite ; j’ai appris à nager avec les poissons carrés ; je suis devenue droitière comme ma mère.
A seize ans, j’ai plongé dans mon premier roman à l’eau de rose… et là, je suis renée.
A l’école, on m’a jeté des cailloux, on m’a cherché des poux, on m’a pris le chou, on m’a traité de hibou avec mon prénom à coucher dehors…Renée n’était pas à la mode alors.
M : Une ingénue passe t-elle son temps libre, petit a : à farcir des cacahuètes ? Petit b : à émincer des crevettes ? Petit c : à repasser ses chaussettes ?
Une ingénue pense t-elle que les galipettes ne peuvent être que les jeux innocents de Laura et ses sœurs dans la prairie ?
Croit-elle que Monsanto est un conte d’Alexandre Dumas ; que sa petite entreprise ne connaîtra pas la crise ; que la fonte des glaces est moins rapide si on se met à l’ombre ?
Aime t-elle les sucettes à l’ananas, la crème pâquerette, la barbe à tata, la guimauve violette, le pipi cola ; le caprice des vieux, les pommes d’humour, les baguettes dans les cheveux, les coquillettes au four ?
Une ingénue est-elle vierge comme la forêt, vierge comme Marie, vierge comme la page blanche du poète en panne de poésie ?
Une ingénue, le soir venu, est-elle nue dans son lit ?
Une ingénue a-t-elle un sexe ?
Est-ce que si un docteur l’emmène dans un coin et lui dit « viens que je te montre mon bistouris », elle dit oui ?
Est-ce qu’elle comprend ce qui lui arrive quand elle se retrouve acculée contre le radiateur, les jambes écartées, la culotte déchirée ?
Est-ce qu’elle appelle à l’aide ?
Est-ce qu’elle a peur, est-ce qu’elle pleure, est-ce qu’elle crie ?
Est-ce qu’après elle vomit ?
Est-ce qu’un jour elle oublie ?
R : Je me suis mariée un mardi avec Edouard aux douces mains. Je me suis laissée faire quand il a chevauché mes reins, juste une larme lorsqu’il a effleuré mes seins.
Puis il a planté sa graine et je suis devenue pot de fleur. Alors, les mois passant, j’ai senti gonfler mon cœur… Et j’ai laissé grandir en moi un joli petit bouton d’or ; juste je l’ai arrosé de l’eau salée qui jaillissait de mon corps.
M : Cette ingénue va-t-elle s’enfermer dans sa bulle, se tordre les rotules, s’arracher ses ailes de libellule ?
Va-t-elle s’entêter à gober des prunes sans recracher les noyaux ?
Va-t-elle se réfugier dans la lune sans même laisser un croissant pour Pierrot ?
A-t-elle toujours des étoiles dans les yeux ?
Pense t-elle toujours que le monde est merveilleux ?
R : J’ai cru savoir cacher l’angoisse. J’ai collé un sourire sur ma jolie face.
Avant de sortir, j’ai fermé chaque bouton du manteau de ma boucle d’or, sans remarquer qu’il ne faisait pas si froid dehors.
J’ai frotté, astiqué, récuré, javellisé ma maisonnée toute la sainte journée pendant des années. J’ai toujours gardé l’espoir qu’avec une éponge et un balai, je pourrai venir à bout des tâches incrustées.
J’ai fini par m’enfermer dans ma tour d’ivoire, à regarder par la fenêtre la vie me passer sous le nez…
Et je n’ai jamais cessé de croire que le vaisseau d’un petit homme vert viendrait un jour se poser sur mon gazon fraîchement coupé…
Non, je n’ai jamais cessé de croire qu’il m’emmènerait faire un tour sur la voie lactée.
M : Mon ingénue croit-elle en l’Homme ?
Mon ingénue croit-elle en Dieu, à « si Jesus, j’aurais pas venu », à «Allah pèche aux moules », à « Merry Krishna », à « Little Bouba », à « Mickey mes couilles », à « Coco Lantha » ?
N’aurait-il pas mieux valu qu’elle n’ait jamais cru à rien de tout cela ?
Ou bien, ne vaudrait-il peut-être pas mieux pour elle qu’elle y croit ?
Ha ! Mais pourquoi toujours attendre de l’ingénue sa mise à mort, sa mise à nue ?
Fin
mardi 3 février 2009
Journal d'une femme gravide remplie de bonheur
.jpg)
28 février 2007,
Je suis tellement fatiguée!
J'ai l'impression de me retrouver comme au début de ma grossesse ; j'étais épuisée et je déprimais, me renfermant sur moi-même... Sauf que là, c'est pire! Normal, je fais quinze kilos de plus!
J'ai le ventre tellement gros et tendu que j'ai l'impression qu'il va exploser!( Et c'est un euphémisme! Rien à voir avec l'expression employée lorsqu'on a trop mangé.)
Mon bébé est tellement gros qu'il remonte jusque derrière mes côtes. J'ai l'impression d'être écartelée de l'intérieur.
Il me comprime l'estomac.(Ce qui me provoque des nausées et des malaises.)
Il me comprime la vessie.(ce qui peut me provoquer parfois des douleurs très violentes au niveau du canal urinaire.)
Il me comprime le plexus solaire (ce qui explique en partie pourquoi j'ai très souvent envie de pleurer sans raison apparente.)
Je pleure mon corps comme un lourd fardeau qui me pèse et me fait souffrir.
Je suis une comprimée incomprise, en manque de comprimés!(mdr)
J'ai l'impression d'être à milles lieux des préoccupations du reste du monde.
Je sais que je suis chiante de me plaindre, mais ça me fait tellement de bien!
Le pire dans tout ça c'est que je me plaint, j'en ai marre, je veux que les gens me soutiennent,qu'ils me comprennent, qu'ils se rendent compte à quel point c'est dur... mais en même temps je ne supporte pas qu'ils aient une vision négative de la grossesse ; car après tout, merde! C'est le plus beau moment de ma vie!
Le sublime doit être l'accouchement! (et le supplice...?!) C'est étrange comme le bonheur est étroitement lié à la souffrance!
Il faut croire qu'on est maso.
Dans ma tête, les émotions se mêlent, s'entrecroisent...
C'est tellement contradictoire, paradoxal... car si profond, vrai, intense, essentiel.
Les femmes pensent qu'il faut souffrir pour être belle. C'est tellement vrai! Mais reste à savoir de quelle souffrance et de quelle beauté on parle!
Il n'empêche que, encore une fois, je vais être contradictoire... car je viens de me plaindre pendant une heure, et maintenant je dis que je suis la plus heureuse du monde!
C'est quand même dingue d'être enceinte. Il faut le vivre... rien que pour se rendre compte à quel point c'est dingue!
mardi 11 novembre 2008
Elle aurait pu s'appeler Pétunia...

Rose est jeune.
Elle ne sait pas si elle a tord, mais elle aime avoir raison.
Elle sait tout…sur presque rien. Elle veut, elle ne veut pas. Elle aime, elle n’aime pas. Surtout elle n’aime pas. Elle mange beaucoup, puis rien du tout.
Rose passe des heures devant son placard.
Quel gâchis ! Tant d’habits, mais aucun qui ne lui va… aujourd’hui.
Elle ne sait pas comment c’est possible ; pas un seul de ses 21 pantalons, de ses 16 jupes, ou de ses 18 shorts n’est assorti à un de ses 45 t-shirts, de ses 12 chemises, ou de ses 23 pulls.
Par bonheur, il reste ses 48 robes !
Pour Rose, la robe est une des plus ingénieuses inventions ; ça évite de se prendre la tête avec les hauts et les bas !
Surtout qu’elle en a plein Rose, des hauts et des bas…
Rose est lunatique. Le ciel est gris, elle est morose ; le soleil brille, elle voit la vie en rose.
Une robe donc. Oui mais…
De longs poils jonchent les jambes de Rose. Bon, elle est blonde. Mais quand même !
La dernière fois qu’elle s’est rasée… (Oui, Rose se rase ; comme les mecs ! sauf que son rasoir à elle, il est rose !)… c’était avant-hier soir. Bon d’accord, ses poils ne sont pas si longs que ça ! (Si par malheur, des yeux se posaient sur les mollets de Rose…ils pourraient distinguer de minuscules embryons naissants de pilosité…si et seulement si, ces fameux yeux se situaient à moins de 20 cm de la partie basse de Rose. Elle a beau être célibataire, Rose ne peut pas prendre un tel risque !)
Pour faire vite, il lui reste donc la solution des collants opaques noirs (Attention, de couleur clair, les collants opaques n’occultent rien du tout ; les poils sortant des mailles du filet !)
Rose aimerait mettre sa robe en velours noir… mais elle est un peu trop moulante. Elle laisse entrevoir ses deux satanés bourrelets ; celui situé au dessus et celui situé au dessous du fil de son string.
Rose met des strings pour ne pas avoir de marques sur les fesses…à la place, elle a des boudins sur les hanches.
Ne jetons pas la faute sur les strings…
Les protubérances de Rose sont dues à un excédent de poids.
Même si les gens ne veulent pas lui avouer, Rose le sait, elle est grosse !
Alors, elle s’habille taille 34 au lieu de taille 36… C’est certainement psychologique, mais le chiffre sur l’étiquette sait faire illusion.
Bon, c’n’est pas tout ça, mais faudrait peut-être que Rose s’active !
Elle a rendez-vous dans… ah non, pardon… elle « avait » rendez-vous « il y a »… trois bons quarts d’heure.
Rose abuse.
D’habitude elle est en retard, mais en général elle part toujours plus ou moins à l’heure où elle devrait arriver…
Non là, Rose exagère !
Elle est à poil devant son miroir, et elle a une bonne demi-heure de trajet.
Il ne lui reste plus qu’à s’habiller n’importe comment (finalement ce sera Jean/T-shirt noir ; et oui, tout ça pour ça !) et à se maquiller… Si, elle est obligée! (Rose est mignonne, mais il faut croire qu’elle a peur d’effrayer les passants car elle ne sort jamais sans se cacher derrière un pot de peinture.)
Non vraiment, c’est un combat perdu d’avance !
Après réflexion, Rose fini par se décider à téléphoner pour annuler son rendez-vous.
Elle est réellement désolée, mais une fois de plus, une énorme tuile lui est tombée dessus.
Rose aime à dire : « Faut croire que j’ai la poisse ! ».
mercredi 3 septembre 2008
Quand on a plus seize ans...
Mon premier cheveux blanc
Comme la dernière lueur du printemps
qui se meurt...
Serait-se alors le début de la belle saison?
L'été chaud des fruits mûrs en pâmoison?
Si c'est ça, c'est sûr, je me ferai une raison!
samedi 16 août 2008
L’Envol de l’Oncle
Ton visage imprégné d’alcool trahit ta souffrance
D’ailleurs tu ne ris plus, pauvre clown triste
Mais cela a-t-il encore de l’importance ?
L’âme rockeuse, tu portes ton masque d’Elvis
Enfermé derrière ta pharmacodépendance.
Ta femme s’est volatilisée avec la table, le frigo, le canapé…
Son esprit, puis son corps se sont évaporés vers d’autres draps
On dit des cœurs brisés qu’ils peuvent panser leurs plaies
Mais la tornade a emporté avec elle des morceaux de toit
Estropié, de battre ton cœur va-t-il s’arrêter ?
Le nid est vide, tu n’as plus rien à couver
Papa poule, tu meurs de froid…
Tu te bats, mais tu tombes et tu pleures
Tu te saouls, donnant raison à tes détracteurs.
Terrifié à l’idée que de toi, tes enfants puissent avoir peur,
Tu te noies dans l’eau trouble des anti-dépresseurs.
Tu te vois capituler, mais tu décides de vivre
Tu ne sais même plus pourquoi, mais de nouveau tu es ivre…
Accroche-toi, tonton, le chemin est sinueux et long,
Mais la lumière est toute au fond !
Tu te blottis sous tes propres ailes
Tu appelles à l’aide d’une voix frêle…
T’es tu rendu comptes des limites de ton corps ?
Apparemment pas, puisque ce soir tu es mort.
J’ai dix-huit ou peut-être dix neufs ans
C’est l’hiver ou peut-être le printemps
Il fait froid, dehors il y a du vent
Un de ces mistrals qui vous glace le sang
Je suis à la patinoire avec un couple d’amis
J’arrête de tourner en rond, j’ai les pieds endoloris…
Soudain, le glas du téléphone sonne.
mardi 15 juillet 2008
"Les ...A, Léa" Extrait 3
Allô ?... Maman ?... Je m’ennuie… Steven est parti… en Alaska, il est allé pêcher des poissons… Maman, j’ai mal ! Je me suis coupée hier… avec une boite de conserve… elle n’était pas vraiment rouillée, mais j’ai peur d’avoir chopé le tétanos… je sais que je suis vaccinée !... mais j’ai le doigt tout engourdie, j’ai des lancements qui me remontent dans le bras… je me sens toute raide ! Non, je ne m’inquiète pas !… Oui, j’ai cas venir te voir ! Je pensais venir autour du 11 septembre, mais j’avais oublié que tu habitais à New York, alors je vais réfléchir… tu comprends ?… En plus, je n’ai toujours pas passé mon permis de conduire… Tu sais, moi et les transports en commun !… Pourquoi t’es parti si loin aussi ? J’aimais bien quand tu venais le dimanche, avec ton gâteau au chocolat ! Elle raccroche.
Elle prend toute la nourriture qu’elle a, et verse un peu de tout dans un saladier, tout en continuant à boire et à pleurer.
Tout ça pour fabriquer des bombes qui vont tuer des petits africains !
Elle mange la mixture de façon frénétique, puis vomi. Elle se lève en titubant, puis tombe dans les pommes. [...]
Dernières rectifications : septembre 2006
Dépôt SACD n°196037
mercredi 4 juin 2008
"Les a...Léa", c'est quoi?

Tombe la neige, le soleil n’est pas loin….
C’est l’histoire de Léa enfermée dans on ne sais quoi… il y a bien la fenêtre, seulement… Léa habite au 18ème étage.
C’est l’histoire d’une artiste, d’une future très grande star.
Mais, le futur est incertain… les aléas de la vie semblent tellement prévisibles.
Léa, c’est un cœur qui bat, un corps qui crie, des yeux qui rêvent, un cul qui chie.
Léa, c’est une fille perchée, dans son immeuble.
Les avions nous volent-ils le ciel ? Et autres questions existentielles…
Pourquoi seulement les morts peuvent-ils être immortels ? Et les neiges, éternelles ?
De la vie, Léa n’a pas tout bien compris. Et puis, après tout, qu’est-ce qu’il y a à comprendre ? On né, on grandit, on vieillit, on meurt…
Parfois, on meurt vivant…
Et c’est alors qu’on est mort, qu’on se met à rêver qu’on est en vie…alors, on n’est plus si mort que ça, on est juste un peu endormi.
Quand Léa était dans le ventre de sa mère, elle s’amusait à s’enrouler le cordon autour du cou. Ceci explique peut-être cela…
Léa est enfermée dans sa chambre et dans sa tête.
Elle a des désirs de jeune femme, des envies de réussite.
Elle aime trop la vie, c’est là tout son problème… elle a peur que ça s’arrête.
A trop aimer, on détruit tout. Surtout soi-même.
C’est plus facile de s’inventer, de se rêver, plutôt que d’exister.
La prison est confortable, le plus dur c’est de sauter.
C’est l’histoire d’un combat.
… Méfiez-vous de la religion cathodique !
samedi 31 mai 2008
Le geai et le corbeau
Il avait la chair de poule, il s’était fait plumer.
Tout honteux et confus, il s’en alla chercher un accent circonflexe pour se cacher le sexe.
Sa quête promettait d’être longue… ses accents là ne couraient pas les rues !
Dans sa hâte, ce jeune con n’avait même pas vu qu’il venait d’en laisser passer deux. Non, trois ! Non, merde…quatre !
Epuisé, il s’arrêta à un hôtel pour se reposer.
Et oui, deux autres accents venaient encore de lui passer sous le nez !
C’est là qu’un corbeau pas très beau, voyant le geai nu comme un ver, devint vert de jalousie.
Notre héro était ma foi, fort bien monté !
D’un coup de bec, le « corlaid » (c’est comme ça qu’il devrait s’appeler !) trancha la queue de notre malheureux.
Et c’est ainsi que le pauvre geai nu, fraîchement raccourcit, s’en alla retrouver son nid.
Dans son quartier, les autres geais jasaient. Tous se moquaient de lui !
Et pour le couronner, ils lui offrirent un bonnet d’âne.
Notre ingénu, vexé, voulu l’écraser en s’asseyant dessus…
Finalement, il l’avait eu, son accent circonflexe, mais dans le cul !
© Priscilla Lopes Berges . 2006
J'ai écrit "Le Geai et le Corbeau" pour le spectacle "Accent Circonflexe", mis en scène par Françoua Garrigues.
Ingénu… Accent circonflexe… Ce texte est né entre 3 et 5 heures du matin. Je n’ai pas d’autres explications…
Ou plutôt si…
J’aime jouer avec les mots… « Jouer » dans le sens premier du terme. L’écriture est pour moi un amusement jubilatoire. Je flirte avec la langue… les sens, les sonorités…
Cette histoire est une fable, un petit conte philosophique.
Petite précision : un geai est un oiseau !
"J'ai demandé à une multitude d’auteurs, metteurs en scène, comédiens, famille, amis, de m’offrir un texte court sur le thème « Accent circonflexe ».
En lisant attentivement le résultat de la miraculeuse pêche obtenue, j’observe que chaque écriture est un petit joyau en soi !
Ce nouveau projet est un jeu…Le jour de la représentation, les textes seront tirés au sort, les dés prendront alors le contrôle de la situation et imposeront, aux "joueurs-comédiens", les scènes à jouer…
Une forme aléatoire pour un spectacle différent chaque soir ..."
Françoua Garrigues

jeudi 29 mai 2008
La vision tout risque tique…
C’est drôle, tu n’fais pas trop l’rigolo.
La misère, t’en bois des litres…
Tu penses qu’leur seul espoir, c’est le Loto.
Tu vois leur bidon vide qui gargouille
Et leurs murs qui se taguent, leur taule qui se rouille…
Mais c’est pas de leur faute, qu’est-ce que tu paris ?
Ici, le métro n’est pas six pieds sous terre…
C’est flamboyant, tu parades en bikini
Si, si ! Tu peux te payer leur vie si chère !
Pendant qu’eux, ils font crack crack
Dans leur bagnole ou dans ton sac…
Et tu prétends qu’ils sont perchés sur leur manguier,
Et qu’ils ne font que regarder le temps passer,
Que le soir tombant, ils déploient leurs ailes au vent
Pire ! Qu’ils volent ta tirelire, ces vampires !
Pointe-à-Pitre, mai 2008
( Allez savoir pourquoi Pointe-à-Pitre m'a inspiré ce poème... certes pas très reluisant, désolée. A part ça, j'ai passée de très bonnes vacances...
Je ne ramène malheureusement ni films, ni jolies photos... mon matériel ayant été dérobé durant mon sommeil!)
mercredi 6 février 2008
"Les ...A, Léa" Extrait 2
Elle range tout. Le téléphone sonne.
Aïe, putain, ma tête !
Elle voit quelque chose sous le lit. Elle va le chercher ; c’est un ballon en plastique. Elle le gonfle. Elle le met sous son t-shirt et se regarde dans le miroir.
Steven, Thierry, Robert, Julio, Georges, Marcel… Si je vous ai réunit, tous, ici, ce soir, c’est pour savoir lequel d’entre vous m’a engrossé. Qu’il se dénonce !
Bien sûr, je désire cet enfant ! Mais la moindre des choses serait que je sache qui est le père !
Non Robert, toi ce n’est pas possible, on n’a jamais couché ensemble !
Julio ! Attends ! Où est-ce que tu vas ? J’ai toujours rêvé d’avoir un petit espagnol !
On habitera à Malaga, sur les toits, avec vue sur la mer… On amènera Xiquito au Zoo ! Il s’épanouira comme de l’herbe au soleil !… Oh oui ! Oui, Oui, OUI ! Julio, c’est toi que j’ai choisi ! Tu seras le père de mes enfants !
Steven, tais-toi ! C’est trop tard !... Arrête, Steven ! C’est fini entre nous ! Tu comprends pas ou quoi ? Shut up, Steven ! Oui, on s’aimait… oui, on baisait comme des phoques… mais justement ! Depuis ton séjour en Alaska, tu n’es plus le même ! Ne fais pas ces yeux de merlan frit ! Je vous ai vu vous enculer, toi et Joseph !
Allez ! Viens m’épouser, mon Julito ! Elle danse et chante (« Amor, Amor, Amor » de Julio Eglesias).
Ha ! Je suis fatiguée… il fait chaud ici ! Et puis, ça pu ! Ça fait trois semaines que t’as pas changé tes chaussettes ou quoi ?... Quoi, je suis agressive ? Excuse-moi Julio, mais là j’ai envie de vomir…ha, j’ai plus de force… J’ai faim… et va dire au voisin d’arrêter de fumer, ça sent jusqu’ici, c’est mauvais pour le bébé ! Ha, Je me sens mal … Mais pourquoi tu m’apportes des fraises ? J’ai envie d’un hot dog avec beaucoup de moutarde. Non, mais… ne va pas me chercher un hot dog ! C’n’est pas sain pour le bébé, vaut mieux que je mange des légumes !… Oui ! Si tu veux, fais moi des carottes !... ouais, ça rend aimable … Lave-les bien avant ! Si tu veux, pour être sûr, t’as cas les faire tremper dans du vinaigre ! Aïe ! J’ai mal au ventre, c’est pas normal ! Elle se touche le ventre. C’est bizarre, je sens pas mon bébé…Hier, je sentais des petits trucs, comme des petites bulles qui explosent…et aujourd’hui, rien. Non, y’a quelque chose d’anormal. Et puis, j’ai tout le temps soif, ça aussi c’est bizarre ! A tous les coups, je fais du diabète gestationnel…
Ha ! J’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre !
Je sais. Être enceinte, c’n’est pas une maladie. Mais si, je suis super heureuse ! Elle se met à pleurer. Je sais pas ce que j’ai, je sais pas … tu crois que je vais y arriver ? [...]
Dernières rectifications : septembre 2006
Dépôt SACD n°196037
mardi 5 février 2008
"Les...A, Léa" monologue théâtral, Extrait 1
J’ai peur de devenir folle ! AAAaah ! Je veux vivre, j’ai envie de vivre !! Seigneur, aidez-moi !
On étouffe ici ! De l’air, j’ai besoin d’air !
Elle va à la fenêtre. Elle l’ouvre. Musique d’accordéon.
« Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale. […] Je mourrai d’une jambe arrachée par un rat géant jailli d’un trou géant. Je mourrai de cent coupures. Le ciel sera tombé sur moi ; ça se brise comme une vitre lourde.
[…] Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge, ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir. […] Je mourrai de voir torturer des enfants et des hommes étonnés et blêmes. Je mourrai rongé vivant par des vers. […] Et puis quand tout sera fini, je mourrai. » Boris Vian.
Elle sourit.
Dans une vie antérieure, j’étais un saule pleureur... Je n’acceptais pas ma condition d’arbre. Je souffrais d’être enraciné au sol. Alors, je pleurais, je pleurais … Je ne m’apercevais pas que mes branches flottaient dans le ciel …
A partir de quelle hauteur commence le ciel ?
Les nuages sont dans le ciel … les avions, les ballons qui s’envolent …
Quand j’étais petite, je pensais que le ciel commençait là où il devenait bleu… mais je sais maintenant que ce n’est qu’une illusion de nos yeux !
Moi, je pense que le ciel commence là où la terre se termine, c'est-à-dire sous la semelle de mes chaussures !
Le téléphone sonne. Elle reste là où elle est, les yeux dans le vague.
Si Dieu existe, Dieu est un puzzle.
On est tous…chacun… un petit bout… de Dieu… Elle sourit. À nous tous, nous formons quelque chose d’extraordinaire !...
Pourquoi ça ne me suffit pas ?... être le maillon d’une chaîne… c’est beau quand on y pense. Pourquoi j’ai envie d’être unique, importante ? Quel est ce besoin de vouloir sortir de la masse ? Oh, je sais ! Je suis minuscule, mais je sers à quelque chose qui me dépasse ! Il n’empêche que je préfèrerais être une tornade au Texas plutôt que le battement d’aile d’un papillon au Brésil. Une tornade, on en parle dans les journaux !
Elle va derrière le paravent. On l’entend uriner puis forcer pour essayer de sortir autre chose…Plouff… Merde, y’a plus de PQ ! Elle sort péniblement son bras et sa tête de derrière le paravent pour attraper un journal laissé par terre. Bruit de chasse d’eau.(...)
Dernières rectifications : septembre 2006
Dépôt SACD n°196037
